Pourquoi avez-vous décidé de quitter Toulouse ?
J'avais envie de connaître autre chose après dix-sept années passées au Stade Toulousain. J'ai fait le tour à Toulouse. J'ai mis du temps à choisir. Depuis plusieurs mois, je me suis remis en question. J'avais du mal à me remotiver. Je ne voulais pas tomber dans la routine. Même si je ne vais pas manger des cailloux, mon départ n'est pas une question financière. J'avais beaucoup de propositions venues du Top 14 et d'Angleterre. J'ai finalement décidé de rejoindre le super 14 car c'est le meilleur championnat du monde.
Pourquoi les Natal Sharks ?
J'aime beaucoup l'Afrique du Sud. C'est le pays de Nelson Mandela, une personne que j'admire énormément. C'est une belle aventure. Je veux prendre du plaisir, m'éclater. Le Natal est un grand club. Il y aura plus de 60 000 spectateurs à chaque rencontre. Je vais pouvoir affronter des équipes australiennes et néo-zélandaises chaque semaine. Ce sera comme les tests-matchs avec l'équipe de France mais à la différence que ce sera tous les week-ends. Puis les Natal Sharks ont été les premiers à me contacter, c'est ce qui a fait la différence.
Avez-vous demandé des conseils aux anciens Français ayant évolué dans le Super 14 ?
Non, je n'ai rien demandé à personne. Je réalise un rêve même si je vais louper le tournoi des VI Nations la saison prochaine. Thierry Lacroix et Olivier Roumat, qui ont également évolué sous le maillot des Sharks, m'ont juste rappelé leurs bons souvenirs. Ils avaient notamment gagné la Curry Cup. En revanche, je n'ai pas été refroidi par la mauvaise expérience de Christian Califano chez les Auckland Blues, où il était rarement titulaire. Je ne pars pas dans le but de ne pas jouer. Comme dans tous les clubs, il va falloir se battre à chaque entraînement pour obtenir sa place.
La concurrence ne vous fait pas peur ?
Je sais qu'il y a deux ouvreurs actuellement. Après, on verra. Je ne suis pas le Messie. J'arrive avec beaucoup d'humilité. Je veux me stabiliser au poste de numéro 10. A Toulouse, il m'arrive de faire des dépannages en demi de mêlée mais c'est pour le bien du club. Puis aux Sharks, je pourrais faire profiter de mon expérience leur jeune ouvreur de 19 ans, promis à une grande carrière internationale.
Allez-vous continuer à porter le maillot tricolore ?
La France reste ma priorité. J'espère revenir à mon meilleur niveau rapidement pour aider l'équipe de France à réaliser une bonne Coupe du Monde. Après pendant un an, je me consacrerai uniquement à mon club car le tournoi des VI Nations se déroulera durant le Super 14. Si je viens en France à ce moment-là, cela me fera louper la moitié du championnat. Ça ne me servirait à rien d'aller là-bas. Donc pendant un an, je fais une croix sur l'équipe de France.
Dans quel état physique êtes-vous ?
En mars, après quatre mois absence, je vais pouvoir faire mon retour sur les terrains. Je me sens mieux. Je travaille de mon coté avec l'aide des préparateurs physiques du Stade Toulousain et de la sélection. Ma blessure est une vraie galère depuis plusieurs saisons. J'espère retrouver rapidement mon niveau pour faire une belle fin de saison avec mon club. Puis une bonne Coupe du monde. J'espère faire un retour identique à celui de Jonny Wilkinson, qui ne m'a pas surpris. Après, j'irai en Afrique du Sud pour faire une grosse préparation et bien me reposer pour être fin prêt pour le début du Super 14 en février 2008.
Un mot pour les supporters toulousains ?
C'est très difficile de quitter les supporters rouges et noirs. Le Stade Toulousain reste dans mon c½ur. Avant d'être joueur, j'étais supporter. Guy Novès et René Bouscatel ont tout fait pour me garder. Mais cela fait longtemps que je voulais partir même si c'est difficile de faire ce choix. A Toulouse, j'ai mes amis, ma famille. Cependant, les dirigeants m'ont certifié que la porte n'était pas fermée. Je reviendrai peut-être l'année suivante. J'ai déjà beaucoup de propositions pour 2008. Mais je préfère ne pas encore me projeter dans deux ans.